Une rénovation réussie ne se joue pas seulement sur le choix des matériaux ou la qualité de la pose. Elle se joue d’abord sur l’ordre dans lequel les corps de métier interviennent. Sur le terrain, nous constatons régulièrement les mêmes erreurs souvent commises de bonne foi, par méconnaissance du déroulement logique d’un chantier.
Voici les cinq erreurs les plus fréquentes que nous rencontrons, et comment les éviter avant qu’elles ne vous coûtent du temps et de l’argent.
Erreur n°1 : Faire intervenir l’électricien trop tard dans le planning
C’est de loin l’erreur la plus courante, et la plus coûteuse.
Ce qu’on observe sur le terrain : des clients qui ont déjà fait poser leur isolation parfois même leurs cloisons et leur peinture avant de penser à appeler un électricien. Résultat : pour passer un câble, il faut rouvrir l’isolant, parfois percer une cloison fraîchement posée, ou repasser une couche de peinture sur une zone abîmée.
Pourquoi ça arrive : l’électricité est invisible une fois posée. On a tendance à la considérer comme une « dernière étape », alors qu’elle doit au contraire intervenir avant la fermeture des murs.
La bonne séquence :
- Gros œuvre et cloisons
- Passage des gaines et câbles électriques (avant isolation)
- Isolation
- Plâtrerie / placo
- Peinture et finitions
- Pose des appareillages (prises, interrupteurs, luminaires)
Ce que ça change concrètement : un chantier où l’électricien intervient au bon moment permet de passer les câbles directement dans les murs ou cloisons avant fermeture, sans saignée supplémentaire, sans dégât sur les finitions déjà posées.
Erreur n°2 : Laisser le peintre passer avant l’électricien
Variante fréquente de l’erreur précédente, mais avec un impact différent.
Ce qu’on observe : la peinture est terminée, le client trouve le résultat impeccable puis réalise qu’il manque une prise dans le salon, ou qu’un point lumineux a été oublié. L’électricien doit alors intervenir sur des murs finis, créant inévitablement des reprises de peinture.
Pourquoi ça pose problème : une saignée ou un percement sur un mur fraîchement peint laisse toujours une trace visible, même après ragréage et retouche. Le rendu final n’est jamais aussi propre qu’un mur travaillé avant peinture.
La bonne approche : valider l’intégralité du plan électrique nombre et emplacement des prises, interrupteurs, points lumineux avant que le peintre n’intervienne. Une fois cette étape validée, plus aucune intervention ne devrait être nécessaire sur les murs finis.
Erreur n°3 : Sous-estimer le nombre de prises et de points lumineux nécessaires
Ce qu’on observe : des clients qui prévoient le strict minimum pour économiser, puis qui se retrouvent quelques mois après la rénovation à multiplier les multiprises et rallonges ce qui pose justement les problèmes de sécurité que la norme NF C 15-100 cherche à éviter.
Pourquoi ça arrive : au moment de la conception, on pense rarement à tous les usages futurs un second écran, une station de recharge pour appareils, un aspirateur robot, un meuble qui sera repositionné dans deux ans.
La bonne pratique : prévoir systématiquement une à deux prises supplémentaires par pièce par rapport à ce qui semble nécessaire. Le coût marginal d’une prise installée pendant les travaux est sans commune mesure avec celui d’une intervention après coup.
Erreur n°4 : Ne pas anticiper les besoins liés aux nouveaux usages (domotique, IRVE, réseau)
Ce qu’on observe : des rénovations pensées uniquement pour les besoins actuels, sans réservation pour les évolutions à venir alors que l’installation d’une borne de recharge, d’un système domotique ou d’un réseau filaire est de plus en plus fréquente dans les deux à trois années suivant une rénovation.
Pourquoi c’est une erreur coûteuse : ajouter une réserve de section ou un fourreau supplémentaire au moment du chantier ne coûte presque rien. Revenir ouvrir un mur fini, un an plus tard, pour tirer un câble réseau ou alimenter une borne IRVE, représente une dépense largement supérieure.
Ce qu’il faut anticiper, même sans projet immédiat :
- Une réserve de 20 % minimum dans le tableau électrique
- Un fourreau vide vers le garage ou l’extérieur, en prévision d’une future borne de recharge
- Des gaines réseau RJ45 tirées en même temps que l’électricité, même si le Wi-Fi suffit aujourd’hui
Erreur n°5 : Choisir l’électricien uniquement sur le prix, sans vérifier les détails dans les lignes du devis
Ce qu’on observe : des devis acceptés sur le seul critère du tarif, sans vérification des qualifications, des assurances ou du respect des normes en vigueur. Résultat, plus tard : un Consuel refusé, une installation non assurable, ou pire, un risque réel pour la sécurité du logement.
Pourquoi c’est risqué : une installation électrique non conforme n’est pas qu’une question administrative. En cas de sinistre, un constat de non-conformité peut entraîner un refus d’indemnisation de l’assurance.
Ce qu’il faut vérifier avant de signer :
- La qualification professionnelle de l’électricien (certification RGE, Qualifelec selon le type de travaux)
- L’assurance décennale et la responsabilité civile professionnelle
- La référence aux normes en vigueur dans le devis (NF C 15-100, et le cas échéant NF C 15-722 pour l’IRVE)
- La délivrance d’une attestation de conformité ou d’un dossier Consuel en fin de chantier
Le bon réflexe : impliquer l’électricien dès la phase de conception
L’ensemble de ces erreurs partage une cause commune : l’électricité est pensée trop tard dans le projet, alors qu’elle devrait être l’un des premiers lots à planifier.
Faire intervenir un électricien dès la phase de conception permet d’anticiper le plan de câblage, de définir les emplacements des prises et points lumineux en cohérence avec l’aménagement prévu, et de coordonner son intervention avec les autres corps de métier dont l’isolation, la plâtrerie, la peinture.
Conclusion
Une rénovation réussie repose sur une séquence logique : l’électricité s’installe avant que les murs ne se ferment, pas après qu’ils soient peints. Anticiper ces cinq erreurs dès la phase de planification évite des reprises coûteuses, des finitions abîmées, et garantit une installation conforme et pérenne.
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